Soutenance de thèse – Louise Eygret
Le 20 mars 2026 à 14:00Lieu : BBS
Soutenance en français
Thèse dirigée par : David Jarriault
Titre
Olfaction et comportement alimentaire : substrats neuronaux sous-tendant la modulation olfactive des circuits neuronaux régulant la tendant la modulation olfactive des circuits neuronaux régulant la prise alimentaire.
Résumé
Maintenir un poids corporel stable est un défi majeur de notre société, alors que les traitements actuels présentent une efficacité limitée et de nombreux effets secondaires.
L’olfaction apparaît ainsi comme un levier pertinent pour moduler la prise alimentaire de manière physiologique. Les odeurs de nourriture sont des signaux sensoriels omniprésents capables d’influencer l’initiation des repas, la taille des prises alimentaires et les réponses métaboliques. Si le rôle des neurones agouti-related peptide (AgRP) et pro-opiomélanocortine (POMC) du noyau arqué de l’hypothalamus dans le contrôle central du comportement alimentaire est bien établi, la contribution des signaux sensoriels à cette régulation demeure mal comprise. Cette thèse explore comment des odeurs alimentaires, à valence appétitive innée ou apprise, modulent la prise alimentaire et les circuits hypothalamiques de l’appétit, centrés sur les neurones AgRP et POMC.
A l’aide d’un test d’exploration olfactive, nous avons identifié plusieurs odeurs alimentaires attractives et appétitives. Les odeurs de bacon et de beurre induisent une attractivité innée associée à une augmentation de la consommation des croquettes odorisées avec ces molécules, tandis que l’odeur de beurre de cacahuète ne devient appétitive qu’après l’association odeur-nutriments, traduisant la nécessité d’un apprentissage. Ces résultats soulignent la capacité de certaines odeurs à moduler la prise alimentaire. Après un régime obésogène riche en sucres et graisses, l’effet orexigène de ces odeurs est aboli.
Pour relier ces effets aux circuits hypothalamiques, nous avons enregistré in vivo l’activité des neurones AgRP et POMC par photométrie de fibre, en synchronisant les mesures de l’activité neuronale avec celles du flairage des odeurs grâce à la pléthysmographie. Toutes les odeurs testées inhibent rapidement les neurones AgRP et POMC. Cette modulation rapide des deux populations neuronales clés du réseau mélanocortine démontre sa capacité d’anticipation de l’accès à la nourriture.
Nous avons ensuite étudié ex vivo les propriétés électrophysiologiques de ces neurones après une exposition odorante prolongée. L’odeur de bacon augmente l’influx excitateur reçu par les neurones AgRP et POMC, tout en réduisant la fréquence de décharge des neurones POMC.
Les autres odeurs exercent des effets plus modérés, modulant l’excitabilité intrinsèque des neurones sans altérer la décharge de potentiels d’action. Chaque odeur génère ainsi des effets spécifiques sur ces neurones du noyau arqué et l’exposition prolongée aux odeurs entraîne une modulation différente de la réponse anticipatoire aiguë. Enfin, nous avons investigué les liens anatomiques entre le système olfactif et l’hypothalamus en ciblant l’amygdale médiale, précédemment proposée comme relais entre ces deux systèmes. Son inhibition par approche virale abolit l’effet orexigène de l’odeur de bacon sans en modifier l’attractivité, alors que les réponses naïves et apprises à l’odeur de beurre de cacahuète demeurent inchangées. L’amygdale médiale apparaît ainsi comme un relais essentiel pour la composante orexigène des signaux olfactifs à valence appétitive innée. En conclusion, cette thèse met en évidence le pouvoir orexigène d’odeurs alimentaires à valence innée ou apprise et montre que cette capacité à moduler la prise alimentaire implique une modulation fine de l’activité des neurones à mélanocortine du noyau arqué en réponse à ces odeurs. Nos résultats précisent le potentiel des odeurs dans le contrôle anticipatoire de la prise alimentaire. L’amygdale médiale apparait comme relais du signal olfactif inné vers les centres de contrôle de la prise alimentaire. Ces travaux contribuent ainsi à la caractérisation des mécanismes de régulation sensorielle de la prise alimentaire, et ouvrent des perspectives pour le développement de stratégies non médicamenteuses de contrôle de la prise alimentaire.
Mot clés : olfaction, hypothalamus, noyau arqué, prise alimentaire.
Jury
Dr JARRIAULT David, Chargé de recherche INRAE, Université de Bordeaux ; Directeur de thèse
Dr STECULORUM Sophie, Directrice de recherche, Max Planck Institute ; Rapportrice
Dr CHAMERO Pablo, Directeur de recherche INRAE, Université de Tours ; Rapporteur
Dr MARTIN Claire, Directrice de recherche CNRS, Université Paris Saclay ; Examinatrice
Dr COTA Daniela, Directrice de recherche INSERM, Université de Bordeaux ; Membre invitée
Dr FIORAMONTI Xavier, Directeur de recherche INRAE, Université de Bordeaux ; Membre invit
- Lieu
BBS
- Dates
Le 20 mars 2026 à 14:00